Pour vous débarrasser des algues en aquarium, identifiez d’abord le type d’algue, puis aidez vos plantes à bien pousser grâce à la lumière, au CO2 et aux nutriments, et gardez votre bac propre avec un changement d’eau chaque semaine. Les algues prennent le dessus quand vos plantes s’affaiblissent : ce sont des plantes qui poussent mal et les déchets organiques qui les nourrissent, jamais votre engrais. Un produit anti-algues aquarium agit sur le symptôme, pas sur la cause, et les algues reviennent presque toujours après quelques semaines.
Tout commence donc par ce premier pas : identifier votre algue. Et c’est justement là que la plupart des gens vont trop vite, parce que la façon de combattre les algues dépend entièrement de l’espèce présente dans votre bac. La stratégie contre les algues en pinceaux n’a rien à voir avec celle contre les algues filamenteuses, et ce qui marche sur les algues bleues ne fait presque rien sur les points verts. D’abord reconnaître, ensuite agir.
Ce que je vois passer chaque jour dans ma boîte mail, c’est ceci : quelqu’un voit des algues, prend un flacon anti-algues ou réduit son éclairage de moitié, et trois semaines plus tard les algues sont presque toujours de retour. C’est frustrant, mais logique : les algues ne sont pas un problème isolé. Dans cet article, je vous montre comment reconnaître votre algue, pourquoi elle apparaît, et comment vous en débarrasser pour de bon.
Au programme :
- Les types d’algues en aquarium : les reconnaître
- Quelle est la cause des algues en aquarium ?
- Les mythes sur les algues en aquarium
- Quelles méthodes ne marchent pas contre les algues ?
- Se débarrasser des algues : le triangle d’or
- Combattre les algues selon leur type
- Quels poissons et crevettes mangent les algues ?
- Que faire quand rien ne marche ?
- Éviter les algues en aquarium durablement
- Conclusion
Les types d’algues en aquarium : les reconnaître
Avant de traiter quoi que ce soit, vous devez savoir quelle algue vous avez. Cela paraît évident, mais la moitié des messages que je reçois commencent par « j’ai des algues » et s’arrêtent là. Or chaque type a une cause différente, et donc une approche différente.
Voici les six algues les plus fréquentes en aquarium d’eau douce, avec les signes visuels qui permettent de les reconnaître et un lien vers ma stratégie complète pour chacune.
| Type d’algue | Comment la reconnaître dans votre bac | Stratégie complète |
|---|---|---|
| Algues en pinceaux (barbe noire) | Petites touffes noires ou gris foncé sur les bords des feuilles, le décor et le matériel de filtration. Elles sont dures au toucher et s’enlèvent difficilement. | Ma stratégie algues en pinceaux |
| Algues filamenteuses | Longs filaments verts accrochés aux plantes, au bois et aux tuyaux du filtre. Parfois plusieurs dizaines de centimètres. | Ma stratégie algues filamenteuses |
| Algues brunes | Fine couche brune sur les plantes, la vitre et le décor. Parfois visqueuse, parfois poudreuse. Aussi appelées diatomées. | Ma stratégie algues brunes |
| Algues bleues (cyanobactéries) | Couche visqueuse bleu-vert, souvent sur le sol ou sur les plantes basses. Odeur de moisi, s’enlève facilement en une plaque. | Ma stratégie algues bleues |
| Algues à points verts | Petits points verts durs sur la vitre, le décor et parfois les feuilles fermes. Ne partent pas d’un simple coup d’éponge. | Ma stratégie points verts |
| Eau verte (algues flottantes) | L’eau elle-même devient verte, vous voyez à peine vos poissons. Pas d’algue sur les surfaces, mais en suspension dans l’eau. | Ma stratégie eau verte |
Vous avez peut-être plusieurs types en même temps. Cela arrive plus souvent qu’on ne le pense. Dans ce cas, vous traitez chaque type avec sa propre stratégie, tout en vous appuyant sur les principes généraux plus bas dans l’article.
Vous hésitez sur le type exact que vous avez ? Remplissez mon outil anti-algues. À partir de quelques questions sur votre bac et d’une photo, je vous renvoie un diagnostic et un plan concret.
Quelle est la cause des algues en aquarium ?
Les algues et les plantes sont toujours en concurrence. Dans chaque aquarium, même dans un bac qui tourne bien. Les algues gagnent cette concurrence dès que vos plantes faiblissent. Voilà toute la théorie en une phrase[3].
Les algues ont de nature quelques avantages sur les plantes : elles se contentent de très peu de lumière, elles absorbent les nutriments plus vite depuis l’eau, et leurs spores survivent des années jusqu’à trouver de bonnes conditions de croissance[3]. Pourtant, dans un aquarium densément planté ou dans un étang riche en plantes aquatiques, on voit rarement une invasion d’algues. Les travaux de Diana Walstad montrent qu’un étang sans plantes aquatiques compte environ quinze fois plus de cellules d’algues que le même étang planté d’Elodea (6.600 cellules par ml sans plantes, 430 avec plantes)[3].
Autrement dit : des plantes fortes freinent les algues par la concurrence pour les nutriments, pour la lumière et via de subtils signaux chimiques qui limitent la croissance des algues[3].

Cela m’amène à un principe que l’aquariophile Marcel Goliaš formule bien : une plante en bonne santé est le résultat de la présence des bons éléments moins la présence des facteurs nuisibles[5]. Les algues apparaissent du côté droit de cette équation : elles surgissent dès que l’équilibre entre « ce dont les plantes ont besoin » et « ce qui gêne les plantes » bascule. Pas à cause d’un excès de nourriture, mais à cause d’un manque d’autre chose, ou de quelque chose dans le bac qui freine les plantes.
Les mythes sur les algues en aquarium
Avant d’attaquer ce qui marche, débarrassons-nous de quelques mythes tenaces que vous lisez partout quand vous cherchez comment enlever les algues de votre aquarium.
Le premier malentendu que vous lisez partout sur internet : doser trop d’engrais. La méthode de l’Estimative Index, qui dose activement un léger excès, ne provoque pas d’explosion d’algues dans un aquarium planté qui fonctionne bien[1]. Les algues sont nourries par la matière organique en décomposition et par des plantes qui poussent mal, pas par votre engrais.
Même chose pour le nitrate et le phosphate. Un nitrate élevé n’est pas forcément un problème si vos plantes poussent bien. Nuance importante : le type de nitrate compte. Le nitrate que vous dosez vous-même via un bon engrais (KNO3) n’est pas une source d’algues. Ce qui pose problème, ce n’est pas le nitrate, mais la nourriture et les déchets en décomposition eux-mêmes : c’est cette matière organique qui s’accumule qui fait le lit des algues, pas le NO3 qui en résulte.

Une théorie tenace que l’on croise dans le même contexte est le ratio de Redfield. Petit passage technique, le seul, promis. Cette théorie prescrirait de garder le nitrate et le phosphate dans un rapport fixe de 16:1 pour éviter les algues. Je ne la suis délibérément pas, pour deux raisons. Un : Redfield a mené ses recherches sur le phytoplancton en eau de mer, pas sur les plantes d’aquarium d’eau douce. Deux : les chiffres qui circulent en ligne sont mal calculés. Tom Barr l’explique précisément dans son travail sur le rôle du phosphore chez les plantes aquatiques : le 16:1 courant est un rapport atomique, pas un rapport de masse. Qui met 16 atomes d’azote (masse atomique 14 g/mol) face à 1 atome de phosphore (masse atomique 30,97 g/mol) arrive à un rapport de masse d’environ 7:1, pas 16:1[1]. Ceux qui suivent l’approche Redfield et voient malgré tout des résultats le doivent à un seul fait simple : ils dosent plus de nutriments qu’avant. Pas au ratio en lui-même.
C’est une croissance végétale stable qui arrête les algues, pas un ratio précis.
Les méthodes anti-algues aquarium qui ne marchent pas
À côté de ces mythes, il y a aussi des méthodes très souvent conseillées mais qui, à mon avis, n’ont pas d’effet ou ne traitent pas le problème à sa source. Voici les idées d’anti-algues aquarium les plus fréquentes que je retrouve dans ma boîte mail et qui, neuf fois sur dix, ne règlent pas votre problème durablement.
Les flacons anti-algues aquarium (algicides)
Les algicides contiennent le plus souvent du cuivre ou de la simazine, toxiques pour les plantes et pour les poissons, pas seulement pour les algues[3]. Surtout, ils agissent sur le symptôme et pas sur la cause : ils tuent les algues déjà présentes, mais tant que vos plantes restent faibles, les algues reviennent. Il y a aussi un vrai risque : quand les algues meurent d’un coup, elles libèrent des substances dans l’eau et leur décomposition prive le bac d’oxygène, ce qui peut faire mourir vos poissons[3]. Vous pouvez voir un effet passager, mais rarement un résultat durable. C’est pour cela que je ne vends pas de produit anti-algues et que je ne le conseille pas.
Les algues, on s'y attaque à la racine
Une leçon à la fois, vous traitez la cause plutôt que les symptômes.
- Comprendre d'où viennent vraiment vos algues
- Les faire reculer sans solution miracle
- Moins d'algues
- Des plantes en pleine santé
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Le CO2 liquide (Carbo, EasyCarbo) comme substitut du CO2
C’est de loin le malentendu que je retrouve le plus dans ma boîte mail. Le Carbo et les produits similaires contiennent du glutaraldéhyde. C’est un algicide qui attaque les algues localement, d’où son effet à court terme contre les algues en pinceaux et filamenteuses. Vos plantes peuvent l’utiliser dans une mesure limitée comme source de carbone alternative, mais ce n’est pas un gaz et les plantes l’exploitent bien moins efficacement que du « vrai » CO2 via un système CO2. Les essais pratiques de Tom Barr montrent que le glutaraldéhyde donne 2 à 4 fois plus de croissance qu’un bac sans rien ajouter, alors que l’injection de CO2 en donne 10 à 20 fois plus[4].
Qui croit donc régler un vrai manque de CO2 avec ce produit retrouve ses algues au bout de quelques semaines. Le glutaraldéhyde a son utilité en application ciblée, mais il ne remplace pas un apport de CO2 stable pour faire pousser vos plantes sur le long terme.
Les anti-algues « faits maison »
Beaucoup cherchent une recette d’anti-algues aquarium fait maison : vinaigre, peroxyde d’hydrogène, ou une baisse d’éclairage improvisée. Le peroxyde d’hydrogène a bien un usage ciblé, en application locale au pinceau sur les algues en pinceaux ou filamenteuses hors de l’eau, mais il reste un traitement de symptôme : il enlève ce qui pousse déjà, sans changer la raison pour laquelle ça pousse. Le vinaigre, lui, fait chuter le pH brutalement et met vos poissons en danger sans régler la cause. Un anti-algues aquarium fait maison peut donc vous aider à retirer mécaniquement une algue précise, mais il ne remplace pas le travail de fond décrit plus bas.
Baisser le phosphate ou le nitrate
Un conseil classique qui circule depuis des décennies : gardez votre nitrate et votre phosphate bas, et vous n’aurez pas d’algues. En pratique, ça ne marche pas. Un aquarium classique avec pas mal de poissons contient vite 1 à 5 mg/l de phosphate, bien au-dessus du seuil de 0,02 mg/l où les algues poussent déjà très bien[3]. Autrement dit, pour vraiment descendre à un niveau où les algues meurent, vos plantes sont mortes depuis longtemps. Le lien entre le phosphate (P) et les algues a d’ailleurs été réfuté il y a des années dans les recherches sur la nutrition des plantes en aquarium d’eau douce[1]. Chez les algues bleues, c’est même l’inverse que l’on observe souvent : un nitrate très bas fait partie des déclencheurs.
Réduire uniquement l’éclairage
Réduire l’intensité de la lumière est en soi une bonne idée, et je le conseille souvent : une lumière moins forte demande moins à vos plantes et laisse moins de place aux algues. Mais attention, ce n’est presque jamais suffisant tout seul. Les algues sont des organismes d’ombre : elles poussent déjà à faible lumière, bien en dessous de ce dont vos plantes ont besoin[3]. Si vous baissez seulement la lumière sans corriger les autres causes, comme un manque de CO2, il vous restera probablement des algues. La baisse de lumière donne son meilleur résultat quand vos plantes poussent fort en même temps.
Alors, qu’est-ce qui marche vraiment ? L’approche ci-dessous.
Se débarrasser des algues : le triangle d’or
Bon, vous savez maintenant quelles algues vous avez et ce qui ne marche pas. Passons à ce qui marche vraiment. Trois variables déterminent si vos plantes poussent assez fort pour étouffer les algues : la lumière, le CO2 et les nutriments. Tom Barr parle dans son travail de l’équilibre autour duquel tourne tout l’aquarium planté : la lumière fixe le rythme auquel vos plantes ont besoin de tout le reste, le CO2 et les nutriments doivent suivre[2]. Trois coins d’un triangle, et dès qu’un coin manque ou n’est pas stable, la croissance ralentit et les algues trouvent de la place.
À ce triangle, j’ajoute deux principes tout simples : garder la charge organique basse grâce à l’entretien, et laisser les mangeurs d’algues donner un coup de main. Ça fait cinq leviers en tout, du plus important au plus secondaire.
1. Stabiliser la croissance via la lumière, le CO2 et les nutriments
La lumière. Gardez votre durée d’éclairage entre 6 et 8 heures par jour, avec un minuteur, et évitez une lumière trop forte. Si votre éclairage est surdimensionné, la bonne réponse est simplement de le réduire ou de le rehausser.
Le CO2. Vous avez un système CO2 ? Assurez-lui de la stabilité tout au long de la journée : un CO2 qui démarre une heure avant la lumière, un drop checker qui reste vert clair toute la journée, un diffuseur ou un atomiseur qui produit de fines bulles. Vous n’avez pas de système CO2 ? Limitez alors l’intensité lumineuse et choisissez des plantes qui vivent très bien sans CO2, comme les Anubias, Cryptocoryne, Microsorum, Vallisneria. Un kit CO2 complet est, pour la plupart des aquariums plantés, l’étape qui fait le plus de différence sur le long terme. Vous en tirez le maximum avec un démarrage réglé sur minuteur et un drop checker qui reste vert clair en journée.
Les nutriments. Dosez de façon régulière après chaque changement d’eau. Ne rattrapez pas une semaine oubliée, ne doublez pas en compensation. Pour un aquarium planté classique avec du gravier ou du sable fin, mon All-in-One fonctionne bien : un seul schéma de dosage, tous les macro et micro-éléments dans un flacon. Sur sol technique, mon All-in-One Lean Dosing donne le meilleur résultat, parce que le sol fournit déjà une grande partie des nutriments. Vous en tirez le maximum en dosant chaque semaine après votre changement d’eau et en gardant votre CO2 stable.
2. Réduire la charge organique
Changer 25 à 30 % de l’eau chaque semaine est, d’après mon expérience, la routine d’entretien la plus efficace. Cela retire les déchets en excès, rétablit l’équilibre et offre à vos plantes un départ propre pour la semaine suivante. Vérifiez aussi que votre filtre est assez puissant pour le volume de votre bac : un filtre sous-dimensionné laisse les déchets s’accumuler. Nettoyez-le toutes les quatre à six semaines en pressant les mousses dans un seau d’eau de l’aquarium, jamais sous le robinet, sinon vous tueriez vos bonnes bactéries. Nourrissez avec mesure, aucun reste ne doit rester intact sur le sol. Enlevez les feuilles mortes dès que vous les voyez. Vérifiez aussi si vous n’avez pas trop de poissons : plus de poissons, plus de déchets (le caca de poisson, ça compte aussi).
3. Retrait mécanique : enlever ce qui pousse déjà
Les algues que vous retirez ne reviennent pas d’elles-mêmes si vous traitez aussi la cause. Un aimant ou un grattoir fonctionne bien pour les algues tenaces sur les vitres. Les feuilles atteintes, vous les taillez, non pour l’esthétique, mais parce qu’une feuille affaiblie est un point d’accroche pour de nouvelles algues. Pour des espèces précises comme les algues en pinceaux et filamenteuses, retirez-en un maximum physiquement avant d’entamer l’approche de fond. Les algues que vous enlevez à la main sont des algues qui ne diffuseront plus de spores.
4. Les mangeurs d’algues en soutien
Les mangeurs d’algues aident, mais ne sont jamais la solution en soi. Aucun poisson ne mange toutes les espèces, et pour les algues bleues il n’existe tout simplement aucun animal d’aquarium qui y touche[3]. Quel poisson ou quelle crevette convient à quelle algue, vous le trouvez dans le tableau plus bas. Voyez-les comme une équipe de renfort qui intervient après que vous avez traité la cause de fond.

Combattre les algues selon leur type
Maintenant qu’on est d’accord sur la méthode, passons à votre algue en particulier. Le tableau d’identification plus haut vous aide à la reconnaître ; ci-dessous, vous trouvez par type la cause principale et un lien vers la stratégie complète. Le tableau était la vérification visuelle, ceci est le diagnostic de fond : pourquoi cette algue précise est dans votre bac et quelle stratégie lire pour l’éliminer.
Commencez par votre algue principale. Vous en avez plusieurs ? Attaquez d’abord celle qui fait le plus de dégâts.
Les algues en pinceaux sont presque toujours la conséquence d’une instabilité du CO2. Sur mes e-mails de support à ce sujet, 67 % des personnes ont déjà un système CO2 dans le bac[6]. Le problème vient rarement d’un manque de CO2, mais d’un niveau qui fluctue au fil de la journée. Lisez ici mon approche complète pour les algues en pinceaux.
Les algues filamenteuses apparaissent presque toujours avec un manque de CO2, souvent combiné à un déséquilibre entre lumière, CO2 et nutriments. Sur mes e-mails de support à ce sujet, 77 % des personnes citent le CO2 et 75 % l’éclairage[7]. Trois facteurs jouent en général ensemble, mais le premier suffit dans la plupart des cas. Lisez ici mon plan étape par étape pour les algues filamenteuses.
Les algues brunes dans un bac de moins de deux mois sont parfaitement normales. Dans un bac plus ancien, elles pointent une charge organique ou une mauvaise circulation. Problème différent, approche différente. Lisez ici ma stratégie pour les algues brunes.
Les algues bleues ne sont techniquement pas une algue mais une cyanobactérie. La cause tient presque toujours à un nitrate bas, une accumulation de déchets organiques et une faible circulation près du sol. Lisez ici mon approche pour les algues bleues.
Les algues à points verts sont moins fréquentes que les pinceaux ou les filamenteuses, mais sacrément tenaces une fois installées. L’approche demande de la patience et une combinaison de retrait mécanique et d’amélioration de la croissance. Lisez ici mon approche pour les points verts.
L’eau verte (algues flottantes) naît d’une combinaison de charge organique et d’excès de lumière, souvent après un pic d’ammonium ou en cas de lumière directe du soleil sur le bac. Lisez ici ma stratégie pour l’eau verte.
Quels poissons et crevettes mangent les algues ?
Les mangeurs d’algues sont une équipe de soutien, pas la solution elle-même. Ci-dessous, les poissons, crevettes et escargots qui, d’après mon expérience, fonctionnent pour chaque type d’algue, avec une réserve importante à garder en tête.
| Type d’algue | Meilleur(s) mangeur(s) | Remarque |
|---|---|---|
| Algues en pinceaux | Mangeur d’algues siamois (Crossocheilus oblongus) | Mange activement les pinceaux. Les crevettes Amano mangent les pinceaux affaiblis, pas la pousse dure. |
| Algues filamenteuses | Crevette Amano, Otocinclus | Moins efficaces qu’une bonne gestion du CO2, mais ils aident à nettoyer les filaments restants. |
| Algues brunes | Otocinclus, crevette Amano, escargots | L’Otocinclus mange beaucoup d’algues brunes, surtout en groupe. Les escargots atteignent les zones difficiles. |
| Algues bleues | Aucun | Aucun animal d’aquarium ne mange les algues bleues. Ne comptez pas sur la lutte biologique ici[3]. |
| Points verts | Otocinclus, Neritina | Peu d’animaux s’y attaquent : le retrait à la main reste le plus efficace. |
| Eau verte | Pas via des animaux | Les algues sont dans l’eau, pas sur les surfaces. La filtration ou l’UV est la bonne voie. |
Une dernière nuance que je vois souvent manquer dans les conseils sur les mangeurs d’algues : ils mangent d’abord les algues savoureuses, et ce qu’ils laissent, ce sont justement les espèces peu appétissantes qui finissent par prendre le dessus[3]. Compter sur les mangeurs d’algues sans traiter la vraie cause fonctionne à court terme, pas à long terme.
Pour aller plus loin, jetez un œil à mon article complet sur les mangeurs d’algues en aquarium. Vous y trouvez toutes les espèces du tableau ci-dessus avec leurs exigences, leurs paramètres d’eau et leur caractère.
Que faire quand rien ne marche ?
Parfois, un aquarium est plus en difficulté que l’approche standard ne peut résoudre. Les algues ont pris le bac, les plantes reculent, vous avez déjà tout essayé. Pour ces situations, il y a une approche combinée que j’ai apprise du travail de Walstad : ne pas traiter un facteur à la fois, mais plusieurs facteurs en même temps[3].
D’habitude, je déconseille de changer plusieurs choses d’un coup, mais c’est ici l’exception. Quand les algues commencent vraiment à envahir, vous devez intervenir vite, sinon elles deviennent très difficiles à déloger :
- Entretien : retirez mécaniquement un maximum d’algues. Ce qui est mort et parti ne peut plus diffuser de spores.
- Entretien, suite : faites un grand changement d’eau de 50 % et placez une résine anti-organique dans votre filtre. Elle retire les déchets organiques que les algues exploitent, sans toucher à vos nutriments.
- Éclairage : réduisez l’intensité de la lumière. Éteignez un tube ou un panneau LED, rehaussez vos lampes, installez un variateur ou ajoutez des plantes flottantes.
- Nutriments et masse végétale : ajoutez des plantes flottantes, elles puisent leur CO2 dans l’air et poussent très vite[3]. Augmentez la masse végétale avec des plantes faciles et à croissance rapide. N’oubliez pas votre engrais.
- Paramètres d’eau : gardez votre pH sous 7,5 si vos poissons le supportent. Les algues profitent d’une eau dure et alcaline qui désavantage les plantes ; en baissant le pH, vous réduisez cet avantage[3].
En deux à trois semaines, vous devriez voir le système basculer en faveur de vos plantes. Si après trois semaines rien ne bouge, il y a sans doute un problème spécifique dans votre bac qui demande un diagnostic personnalisé. Cette combinaison n’est pas une routine, c’est un protocole d’urgence quand la situation déraille.
Éviter les algues en aquarium durablement
Une fois vos algues parties, vous voulez surtout éviter qu’elles reviennent. Ces cinq habitudes travaillent en profondeur et vous coûtent moins d’une demi-heure par semaine :
- Changer 25 à 30 % de l’eau chaque semaine, moment fixe, quantité fixe.
- Durée d’éclairage sur minuteur, maximum 8 heures par jour. Ne modifiez pas l’intensité seule sans revoir en même temps le CO2 et les nutriments.
- Doser l’engrais de façon régulière après chaque changement d’eau. Une dose oubliée ne se rattrape pas, une dose double ne compense pas.
- Nettoyer le filtre chaque mois, presser les mousses dans l’eau de l’aquarium (jamais sous le robinet).
- Donner assez de place aux plantes à croissance rapide. Des plantes fortes sont votre meilleure défense contre les algues.
C’est ici qu’intervient la logique de la croissance : les algues sont un symptôme, la santé des plantes est la cause. Si vous voulez comprendre pourquoi vos plantes poussent mal et régler le problème à la racine, je détaille tout le cadre dans mon article sur les plantes d’aquarium qui ne poussent pas, où j’explique la Pyramide de Croissance, les cinq briques à mettre en place dans l’ordre : entretien, lumière, CO2, nutriments et paramètres d’eau. Selon la loi de Liebig (la loi du minimum), la croissance est limitée par le nutriment le moins présent, pas par ceux qui sont en quantité suffisante. Un bac où les plantes manquent de fer, de potassium ou d’azote aura plus vite des algues, non parce que les algues attaquent ce manque, mais parce que les plantes perdent la bataille.
Un dernier conseil sous-estimé : la patience. Après une intervention, vous ne voyez le résultat complet qu’au bout de quatre à six semaines. Qui essaie chaque semaine autre chose remet son propre processus de récupération à zéro.
Conclusion
Avoir des algues en aquarium arrive à tout le monde, même aux aquariophiles expérimentés. Ce qui fait la différence entre un revers passager et un problème durable, c’est la façon de s’y prendre. D’abord reconnaître l’algue, ensuite comprendre pourquoi vous l’avez, enfin renforcer durablement vos plantes plutôt que la lutte à coups de produits anti-algues aquarium.
Le fil rouge de tout ce que vous avez lu : des plantes saines sont votre meilleure défense. Pas un produit précis, pas un paramètre précis, pas un poisson précis. Un bac stable, des plantes qui poussent, de la patience.
Vous hésitez sur ce qui se joue chez vous, ou sur le type d’algue que vous avez ? Remplissez mon outil anti-algues : à partir de votre situation, vous recevez un plan d’action personnalisé. Bon courage, et donnez-vous quatre à six semaines pour laisser le travail faire son effet.
Sources et données
- Barr, T. « Phosphorus’ Role in Aquatic Macrophyte Horticulture ». Barr Report, Vol. 2, n° 1, janvier 2006.
- Barr, T. « Light and Photosynthesis ». Barr Report, Vol. 1, n° 3, mars 2005.
- Walstad, D. « Ecology of the Planted Aquarium » (1999), Chapitre X « Algae Control », p. 157, 159.
- Barr Report Forum. Step 1: Define your goals. barrreport.com
- Goliaš, M. « Factors affecting plants’ well-being ». aqua.golias.eu
- PlantedBox, données internes : mes e-mails de support sur les algues en pinceaux (n=601, jusqu’à mars 2026).
- PlantedBox, données internes : mes e-mails de support sur les algues filamenteuses (n=376, jusqu’à mars 2026).
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